La soirée fut très intéressante, commençant par une présentation personnelle de l'Abbé, puis par une petite rétrospective historique du mouvement musical metal. Suivit l'écoute de quelques extraits -malheureusement trop courts à mon goût comme au sien- de divers groupes, dans le but de montrer la grande diversité des styles metal, en partant de Metallica, trash metal, en passant par Angra, lui aussi plutôt trash metal, pour arriver assez rapidement à son grand sujet : le black metal. Dornenreich, Emperor, Opeth sont quelques groupes qu'il nous a fait écouter, à mon grand plaisir mais aussi à mon grand amusement en regardant le visage de certains de mes frères séminaristes à l'écoute de ces musiques, qui, pour être parfois splendides, sont au premier abord aussi douces que le suave glissement d'un fil de fer barbelé entrant dans une oreille pour ressortir par l'autre. Il faut reconnaître qu'il faut s'habituer : je me rappelle le sentiment que j'ai eu à ma première écoute de Dornenreich, avec leur album Her von welken Nächten : profonde impuissance face à ce flot sonore (musical ?) dans lequel on perd tous ses repères habituels, écorchement brutal de la sensibilité... Il m'a fallu une dizaine d'écoutes pour commencer à cerner la beauté de cette étrange musique.
L'Abbé Culat n'a pas une vision angélique de ce monde metal, mais il a le mérite de le présenter pour ce qu'il est, et surtout de présenter ceux qui l'écoutent, le pratiquent, souvent avec passion. Il faut reconnaître que c'est loin d'être tout bon, et je ne suis pas sûr qu'écouter ce style de musique un jour de spleen vous rende votre légendaire joie de vivre. Je suis même sûr du contraire. Ceci dit, il y a de quoi creuser, son bouquin est fort intéressant, et, à mon avis, à lire pour tous ceux qui s'intéressent à la musique et à la culture metal.
Merci, Monsieur l'Abbé, de vous être déplacé jusqu'à nous ! J'encourage ceux qui liront ces quelques lignes à le rencontrer et à discuter avec lui si l'occasion se présente. Il y a toujours avantage à découvrir ce que vivent les gens, même quand ils nous semblent éloignés du Christ... ne serait-ce que pour pouvoir l'annoncer, ce Jésus que nous aimons (je parle au moins pour lui et moi, mais je suis certains que d'autres se reconnaîtront aussi !), si ce n'est en paroles, du moins par le témoignage de notre présence et de notre amour pour tous, amour qui ne peut venir que de lui !