... mais de celui de mon blog !
Mes lecteurs avisés - je n'en ai pas beaucoup, mais ils sont certainement tous avisés - auront toutefois remarqué que je formule une question, et non point une affirmation. Rassurez-vous toutefois, ce n'est pas encore aujourd'hui que je vais vous demander votre avis, on n'est pas en démocratie, que diable ! La question est donc purement rhétorique - pour vous -, et tout de même bien réelle - pour moi.
J'expérimente, dès le début de cette année, combien il va m'être difficile de tenir un rythme de travail personnel autrement plus soutenu que les années précédentes. Non point que je travaillais beaucoup précédemment, mais que, si je travaillais peu, c'est que j'ai du mal à travailler beaucoup. Ca se confirme une fois de plus : ces quatorze thèses ne vont pas se faire toutes seules, même si je sais que la première est souvent la plus difficile, ne serait-ce qu'à cause de l'apprentissage de la méthode propre à cet exercice de synthèse.

A ce point, plutôt pratique, s'ajoute un autre, plus moral, mais qui n'est pas disjoint du premier : pour écrire un article qui me convienne, il me faut du temps. Beaucoup de temps. Sans doute moins de temps que pour beaucoup de monde, mais tout de même... Le problème moral vient quand, me relisant une fois que l'article est en ligne, je me sens tout à coup très fier de moi. En fait, je prends souvent plaisir à me lire. Ce serait très grave si je ne prenais plaisir qu'à me lire, et pas du tout à lire qui que ce soit d'autre. Mais finalement, pour qui écris-je ? Sur un blog, l'écueil n'est-il pas d'écrire d'abord pour soi, puisqu'on n'écrit en fait pour aucun destinataire précis ?
Si je crois avoir évité, plus ou moins, l'écueil de l'étalage voyeur de ma vie, publique comme privée, je ne suis pas sûr d'avoir évité celui d'écrire essentiellement pour me faire plaisir, même si je crois n'avoir jamais demandé à qui que ce soit s'il avait lu mon dernier article et ce qu'il en pensait pour me faire mousser. Il est sans doute vrai que certains ont profité de la lecture de l'une ou l'autre de mes productions, et c'est tant mieux : c'est quand même le but premier et avoué de ce blog ! Cependant, voyez-vous, le fait même de faire part à cette page d'administration de Dotclear de mes états d'âme quant aux motivations profondes qui m'ont poussé à écrire, n'est-ce pas déjà chose ambigüe ? Car en fait, je ne vous écris pas, vous qui êtes en train de me lire ; je ne sais même pas que vous me lisez.

Bref, ces derniers temps, je me suis plusieurs fois dit que je pourrais partager mes réflexions avec mon bl... avec vous, pardon ! Et puis, en fait, finalement, non. D'abord parce que le temps m'a manqué, et aussi parce que je me suis dit que je ne pourrais finalement pas apporter grand-chose à quiconque sur ces sujets, en soi passionnants. Au fond, plus le temps passe, et plus je me dis que, si je dois me donner totalement à ma mission de séminariste, à savoir étudier et prier, je n'ai plus grand-chose à faire ici. Si mon évêque me demandait d'animer un site, alors oui, mais ce n'est pas le cas.

Je ne sais pas encore, finalement, ce que je vais faire par la suite. Sachez simplement, chers amis ou chers gens de passage, que cette page risque de se figer pour un bon moment, et que cette catalepsie risque de se prolonger, voire de se transformer en coma profond. Je ne supprimerai pas ce qui est déjà écrit, mais je ne suis pas sûr d'en rajouter.
Comme le disait une devise qui m'était chère : "Wait'n'see !" Attendons, nous verrons bien... Aujourd'hui, je dirais plutôt : "A la grâce de Dieu !"
Et, en attendant, à Dieu !